mercredi 24 octobre 2012

Conclusion



Conclusion

Parvenus au terme de ce bref parcours à travers les quatre constitutions du Concile Vatican II, il est maintenant temps de ressaisir, autant que cela est possible, les intuitions et les orientations majeures de cet enseignement d’une manière synthétique. En relisant et en étudiant ces documents, j’ai été frappé par la richesse doctrinale qui est la leur mais plus encore par la cohérence de la pensée dont ils témoignent. C’est l’occasion de revenir un instant aux confidences du pape Paul VI à Jean Guitton sur le mystère du Concile. Cette cohérence de la pensée est le fruit d’une unanimité miraculeuse qui ne saurait s’expliquer sans une action explicite de l’Esprit Saint au cœur des débats conciliaires : « Lorsqu’un évêque parlait, il avait l’obligation de dire son avis, son point de vue ; lorsque l’évêque votait, son devoir était autre : il devait entendre en lui la pensée de l’Esprit. C’est là qu’on voit la différence de l’humain et du divin[1]. » Un historien qui voudrait rendre compte du Concile Vatican II en ignorant son caractère essentiellement religieux et spirituel tomberait inévitablement dans une lecture politique. Il parlerait de la lutte entre le clan « conservateur », minoritaire, et le clan « progressiste » comme si le Concile pouvait se comparer à un parlement démocratique. L’unanimité finale des 2381 pères conciliaires ne saurait être le résultat de manœuvres politiciennes. Le Concile n’a pas été une assemblée animée par des considérations partisanes. Paul VI, se référant à l’unanimité des participants, à un « Concile réconcilié », récuse cette lecture purement humaine d’un événement fondamentalement surnaturel : « Il est parfois question, à propos du Concile, de vainqueurs et de vaincus. Mais si l’on est vaincu par une vérité ou un aspect de vérité que l’on n’avait pas encore perçus, je dis qu’on est vainqueur. On ne devrait pas chercher à vaincre son interlocuteur, mais à le convaincre. D’une saine et sainte discussion, il ne sort pas un ‘maître’ et un ‘esclave’ … mais deux serviteurs de la vérité[2]. » A l’issue du Concile le seul « vainqueur » a donc été l’Esprit Saint, celui promis par le Seigneur Jésus à ses disciples : « Quand il viendra l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité totale » (Jean 16, 13). Dans la continuité de la Tradition vivante de l’Eglise, Vatican II a permis aux catholiques de progresser sur ce chemin qui conduit les croyants vers la plénitude de la vérité. C’est la raison pour laquelle les intuitions et les orientations du Concile constituent pour les catholiques du 21e siècle « une boussole fiable » (Jean-Paul II).

Je propose pour chacune des constitutions de mettre en lumière quelques convictions qui me semblent particulièrement importantes en cette année du 50e anniversaire. Je suis bien conscient de faire un choix de la même manière que j’ai dû faire des choix pour présenter les quatre constitutions.

La constitution dogmatique sur l’Eglise

Pendant très longtemps et encore en partie aujourd’hui l’Eglise catholique a été confondue avec la hiérarchie de l’Eglise, c’est-à-dire le pape et les évêques en communion avec lui. En présentant l’Eglise comme peuple de Dieu, le Concile a voulu donner une définition plus juste de la réalité ecclésiale. L’Eglise ce n’est donc pas seulement le magistère (l’Eglise qui enseigne) mais aussi l’ensemble des baptisés. Ce qui est fondamental dans l’Eglise ce sont les sacrements de baptême et de confirmation qui font des hommes et des femmes appelés à la foi des fils et des filles de Dieu ainsi que la vocation de tous à la sainteté. En insistant sur la dignité des laïcs dans l’Eglise ainsi que sur leur mission propre en raison du sacerdoce baptismal, Vatican II nous a rappelé le caractère fraternel de la communauté chrétienne et par conséquent l’égale dignité qui existe entre tous les chrétiens, qu’ils soient laïcs, religieux ou membres de la hiérarchie[3]. Lumen Gentium a aussi remis en valeur le ministère fondamental de l’évêque dans l’Eglise, et par conséquent l’importance de l’Eglise particulière ou diocèse. Etre membre de la hiérarchie ecclésiastique, c’est recevoir une charge qui doit se vivre dans un esprit de service et en donnant l’exemple[4]. L’autorité sacrée de l’épiscopat est avant tout celle de l’exemple. Et cette autorité s’exerce pour le bien du peuple de Dieu tout entier dans le cadre d’un collège épiscopal : l’ensemble des évêques en communion entre eux et avec le pape. La redécouverte de la collégialité épiscopale traduit concrètement pour l’Eglise le principe de subsidiarité[5], principe fondamental de sa doctrine sociale. Les conférences épiscopales et les synodes[6] sont des expressions privilégiées de la collégialité. Tout en affirmant la primauté du pape au service de l’unité et de la communion, le Concile donne les moyens à l’Eglise d’un exercice équilibré de l’autorité hiérarchique. Un centralisme excessif du gouvernement de l’Eglise[7] ne correspond pas à son identité profonde et peut entraver la vitalité du peuple de Dieu. L’autorité suprême du pape n’écrase pas celle des évêques. Au contraire elle la garantit. La conception du mystère de l’Eglise comme sacrement et comme peuple de Dieu situe les relations entres les membres de l’Eglise à leur juste place : relations entre les laïcs et la hiérarchie (obéissance chrétienne et participation[8]), relations à l’intérieur de la hiérarchie entre les évêques et le pape (communion et subsidiarité)[9]. Sans oublier bien sûr que le Pasteur suprême de l’Eglise ce n’est pas d’abord le pape mais le Christ Seigneur lui-même. On a souvent dit, avec raison, que la structure de l’Eglise catholique n’est pas celle d’une démocratie. Il faut immédiatement ajouter que la fonction pastorale du pape et des évêques ne saurait être assimilée à l’exercice d’une dictature ou d’un pouvoir arbitraire. La constitution qui régit la vie de l’Eglise c’est l’Evangile du Seigneur Jésus, et tous dans l’Eglise, qu’ils soient laïcs, religieux ou clercs, doivent s’y soumettre et s’y référer en permanence. Lumen Gentium insiste sur le fait que l’Eglise, réalité à la fois visible et spirituelle, est en pèlerinage sur cette terre, en marche vers le Royaume de Dieu. Le peuple de Dieu est en marche, ses membres sont en exil ici-bas. Ce caractère eschatologique de l’Eglise a pour conséquence qu’elle met sa confiance en Dieu seul. La seule force de l’Eglise est celle du Seigneur ressuscité. C’est par la foi et la charité effectivement vécues de ses membres qu’elle peut apporter au monde contemporain le salut divin et la lumière de la révélation. C’est la raison pour laquelle elle doit résister à la tentation de s’appuyer sur une souveraineté extérieure à la sienne ainsi que sur des moyens purement humains pour accomplir sa mission[10]. Mettant ses pas dans ceux de son divin Maître, l’Eglise cultive en elle l’abnégation et l’humilité, éloignée de tout attrait pour la gloire de ce monde et l’ambition terrestre. « L’esprit de pauvreté et de charité est, en effet, la gloire et le signe de l’Eglise du Christ » (Gaudium et Spes 88,1). L’Eglise est sainte même si ses membres sont pécheurs. Elle est sans cesse appelée à se purifier. Pour répondre à la réforme protestante du 16e siècle, le Concile de Trente n’a pas seulement rappelé la doctrine catholique. Il a aussi donné des orientations pastorales pour promouvoir la réforme catholique de l’Eglise en commençant par celle du clergé (création des séminaires, devoir de résidence des évêques etc.). Constatant l’effondrement de la chrétienté et l’expansion  de l’athéisme et de l’indifférence religieuse, le Concile Vatican II a, lui aussi, indiqué des moyens de rendre l’Eglise davantage fidèle à l’Evangile du Seigneur et à la Tradition apostolique.

La constitution dogmatique sur la révélation divine

Le Concile nous invite à ne pas confondre la Tradition vivante de l’Eglise, Tradition apostolique, avec les traditions ecclésiastiques[11]. La Tradition apostolique et l’Ecriture sont inséparables et forment l’unique dépôt sacré de la parole de Dieu, confié à l’Eglise. Dieu parle à son peuple et à tous les hommes par la Sainte Ecriture et la Sainte Tradition. De la même manière que la hiérarchie est au service du peuple de Dieu, le magistère, chargé d’interpréter l’Ecriture, est au service de la Parole de Dieu. La Tradition vivante de l’Eglise approfondit sans cesse la révélation divine donnée une fois pour toutes. Le but de la Tradition est de permettre à l’Eglise tout entière de se laisser posséder par la vérité. L’Eglise ne possède pas la vérité, elle la reçoit de celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie[12], elle ne cesse de vouloir la servir d’abord par l’exemple et le témoignage de sa vie, ensuite par son enseignement. N’étant pas au-dessus de la Parole de Dieu, elle tend constamment vers la plénitude de la divine vérité. Le but du magistère est de proposer aux fidèles à partir de l’Ecriture les vérités salutaires qui s’y trouvent consignées de par la volonté de Dieu. Dei Verbum a voulu redonner à la Sainte Ecriture toute sa place et son importance dans la vie de l’Eglise : c’est la Sainte Ecriture qui doit être l’âme de la catéchèse, de la théologie et de la prédication. L’Evangile quadriforme constitue le fondement même de toute la foi chrétienne. C’est donc aux Evangiles qu’il faut sans cesse revenir et se référer pour que l’Eglise soit de plus en plus fidèle à la volonté de son fondateur : Jésus, Parole vivante du Père, lui qui a porté à son achèvement et à sa perfection la révélation divine. L’Eglise avant de transmettre la Parole de Dieu l’écoute avec vénération. Vatican II a désiré que le cœur de l’Eglise en chacun de ses membres, clercs, religieux et laïcs, batte au rythme de l’Evangile. C’est l’une des conditions indispensables du renouveau de la vie de l’Eglise en notre temps.

Constitution sur la sainte liturgie

Les pères conciliaires ont défini la liturgie comme l’œuvre commune du Christ prêtre et de son corps, l’Eglise. Par les actions liturgiques l’Eglise, toujours unie au Christ, glorifie Dieu et sanctifie les hommes. La liturgie est le sommet et la source de la vie de l’Eglise. La liturgie de l’Eglise a une signification missionnaire car elle manifeste au monde la foi chrétienne et le visage de la communauté des disciples du Christ, communauté à la fois fraternelle et hiérarchique. Au centre de la réforme liturgique le Concile a placé la notion de participation active des fidèles à la liturgie. De la même manière que les laïcs ont leur responsabilité propre dans le peuple de Dieu, ainsi les laïcs ne sont pas des spectateurs passifs et muets de la liturgie mais bien des acteurs de cette même liturgie. C’est toujours la dignité des laïcs, en raison du sacrement de baptême, qui exige que dans l’apostolat ils ne soient pas de simples exécutants de la hiérarchie et que dans la liturgie ils aient leur place à tenir. Nous voyons de quelle manière le Concile a redonné aux laïcs leur place dans l’Eglise après une longue période de cléricalisme[13]. C’est la nature même de la liturgie chrétienne (et non pas une concession du clergé) qui exige que tous les membres du corps du Christ y participent selon leur vocation propre qu’ils soient clercs ou laïcs. A propos de la participation active des fidèles il faut prendre garde à ne pas la concevoir uniquement comme extérieure (ce que font les laïcs). Cette participation est à la fois extérieure et intérieure, d’où l’importance, par exemple, de temps de silence au cours de la célébration eucharistique. Le silence sacré, prévu par la réforme liturgique, doit permettre au prêtre comme aux laïcs d’intérioriser de manière personnelle ce qu’ils célèbrent ensemble dans l’eucharistie. C’est dans ce contexte de participation active des fidèles que le Concile a ouvert la possibilité de célébrer les sacrements dans la langue du pays et non plus seulement en latin. La réforme liturgique a aussi eu pour but une simplification des rites : ils seront révisés de telle manière qu’ils soient plus compréhensibles (clarté du signe), simples et brefs[14]. Toujours dans la perspective de permettre à tous les fidèles de s’associer pleinement à l’action liturgique. Cette noble simplicité de la liturgie rénovée n’a rien à voir avec une banalisation du mystère sacré. Enfin la réforme de l’année liturgique a remis en honneur la place première du dimanche et des fêtes du Seigneur, ainsi que l’importance des temps liturgiques, en particulier le Carême. Les célébrations en l’honneur de la Vierge Marie et des saints ont leur place légitime mais toujours subordonnée au temps liturgique. Ce que dit Sacrosanctum Concilium à propos du sens du dimanche, comme jour de fête primordial et fondement et noyau de toute l’année liturgique, est d’une grande actualité. Dans un contexte de société où le repos du dimanche, déjà attaqué par une législation de dérogations, est de plus en plus menacé, l’Eglise de notre temps a un effort considérable à faire pour redonner aux fidèles le sens du dimanche et à la société une autre perspective que celle de la consommation sept jours sur sept.

La constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps

Etant donné le but essentiellement pastoral de Vatican II, il est évident que Gaudium et Spes est un document particulièrement important. Un document que nous devons toujours comprendre en ayant à l’esprit l’enseignement de Lumen Gentium. A la suite du pape Paul VI et de son encyclique Ecclesiam suam, les pères conciliaires ont caractérisé le rapport de l’Eglise avec le monde comme un dialogue avec l’ensemble de la famille humaine. La constitution pastorale présente d’une manière admirable la vision chrétienne de l’homme et de sa vocation, donc une anthropologie chrétienne, au croisement de la pensée philosophique et théologique. L’Eglise, servante de l’humanité, affirme solennellement la dignité de la personne humaine et l’égalité fondamentale qui existe entre tous les hommes en tant que créatures de Dieu. Indissociablement fidèle à Dieu et à l’homme, le Concile propose l’humanisme chrétien comme un moyen d’humanisation et de progrès authentique pour la société. Il met en garde le monde contemporain quant aux dangers d’un humanisme athée. Seul l’Evangile du Christ est à même de promouvoir la dignité de la personne humaine en lui indiquant son origine divine et la noblesse de sa vocation : la communion avec Dieu. Il se dégage donc de cette constitution une vision globale et cohérente du respect de la personne humaine qu’il est urgent de retrouver de nos jours. Certaines affirmations de Gaudium et Spes présentent la vérité de l’humanisme chrétien d’une manière fulgurante :

-          « L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a » (35).

-          « L’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » (24,3).

-          « La loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l’amour » (38,1).

-          « Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme » (41,1).

Le Concile reconnaît la juste autonomie des réalités terrestres. Il n’y a pas d’opposition entre la foi chrétienne et l’engagement au service de la justice sociale, comme il n’y a aucune opposition entre la foi chrétienne et la pratique scientifique véritable. Reconnaissant des erreurs de comportement dans le passé de la part de certains de ses membres, l’Eglise se présente comme le ferment et l’âme de la société humaine. Confrontée à l’indifférence religieuse de masse, elle demande à chaque catholique le témoignage d’une foi adulte. Aujourd’hui plus encore qu’à l’époque du Concile, les catholiques doivent prendre au sérieux l’exigence d’une adhésion de plus en plus personnelle et active à la foi.

En 1996 les évêques de France ont écrit une longue Lettre aux catholiques de France, lettre ayant pour titre Proposer la foi dans la société actuelle. Il serait intéressant de faire une étude comparée entre ce document et les constitutions du Concile, en particulier Lumen Gentium et Gaudium et Spes. Dans le cadre de cette conclusion je me contenterai d’affirmer la grande fidélité des évêques de France aux intuitions fondamentales du Concile Vatican II. Et c’est la raison pour laquelle je leur laisserai le mot de la fin :

-          « Nous refusons toute nostalgie pour des époques passées où le principe d’autorité semblait s’imposer de façon indiscutable. Nous ne rêvons pas d’un impossible retour à ce que l’on appelait la chrétienté. C’est dans le contexte de la société actuelle que nous entendons mettre en œuvre la force de proposition et d’interpellation de l’Evangile, sans oublier que l’Evangile est susceptible de contester l’ordre du monde et de la société, quand cet ordre tend à devenir inhumain[15] ».

-          « On se rend compte que les jeunes générations ne peuvent se contenter d’endosser passivement un héritage. L’exigence d’une appropriation personnelle (de la foi) est devenue impérative[16] ».

-          « A cause de cette Révélation de Dieu en l’homme Jésus, nous avons aussi à apprendre qu’entre Dieu et l’homme il ne s’agit jamais d’un rapport de forces, mais d’un rapport de libertés et, en dernière instance, d’une relation de confiance et d’amour[17]. »

-          « Aussi bien du point de vue de la doctrine que du point de vue de l’éthique, le caractère propre de la foi chrétienne est de refuser toute séparation entre la cause de Dieu et celle des hommes[18] ».

-          « Nous devons refuser tous les systèmes manichéens qui conçoivent la création et l’histoire humaine comme le résultat d’un conflit entre des forces du bien et des forces du mal, et qui proposent à leurs adeptes d’échapper à ce conflit en se rangeant du côté des forces du bien et en se prétendant indemnes de tout mal. Il est même indispensable de démasquer, s’il le faut, cette tentation manichéenne, dans telle ou telle façon de concevoir la vie chrétienne et l’Eglise[19] ».

 

[1] Jean Guitton, Dialogues avec Paul VI, Fayard, 1967, p.261.
[2] Jean Guitton, Dialogues avec Paul VI, Fayard, 1967, p.261. 262.
[3] Matthieu 23, 8-10.
[4] Matthieu 20, 25-28.
[5] Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, 2005, n°185-188.
[6] Le Synode, comme institution issue du Concile, a été qualifiée de « semence inaperçue » par le pape Paul VI. Jean Guitton, Dialogues avec Paul VI, Fayard, 1967, p.269. Cf. aussi Christus Dominus 5, 37 et 38.
[7] Le pape Jean-Paul II était ouvert à l’idée d’un exercice du ministère d’unité de l’évêque de Rome pouvant prendre une forme nouvelle : « J'écoute la requête qui m'est adressée de trouver une forme d'exercice de la primauté ouverte à une situation nouvelle, mais sans renoncement aucun à l'essentiel de sa mission » (Ut unum sint 95).
[8] La participation est aussi un principe de la doctrine sociale de l’Eglise. Cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, 2005, n°189-191. Cf. aussi Gaudium et Spes 62,7 : « Bien plus, il faut souhaiter que de nombreux laïcs reçoivent une formation suffisante dans les sciences sacrées, et que plusieurs parmi eux se livrent à ces études ex professo et les approfondissent. Mais, pour qu’ils puissent mener leur tâche à bien, qu’on reconnaisse aux fidèles, aux clercs comme aux laïcs, une juste liberté de recherche et de pensée, comme une juste liberté de faire connaître humblement et courageusement leur manière de voir, dans le domaine de leur compétence », et Christus Dominus 10.17.
Document Episcopat n°18 / année 1974 : Tous responsables dans l’Eglise.
[9] Cf. L’encyclique Ut unum sint du pape Jean-Paul II : « Lorsque l'Eglise catholique affirme que la fonction de l'Evêque de Rome répond à la volonté du Christ, elle ne sépare pas cette fonction de la mission confiée à l'ensemble des Evêques, eux aussi « vicaires et légats du Christ ». L'Evêque de Rome appartient à leur « collège » et ils sont ses frères dans le ministère » (n°95). La liberté d’action et de parole de Paul par rapport à Pierre ne doit pas être oubliée dans la manière concrète d’exercer le service de la communion dans l’Eglise (cf. Galates 1,17 ; 2,6 et surtout 2,11) : « Lorsque Képhas est venu à Antioche, je lui ai résisté en face parce qu’il était dans son tort ».
[10] Maurilio Guasco montre l’évolution de la pensée de la hiérarchie à propos des Concordats qui accordaient des privilèges à l’Eglise catholique :  Les Pères conciliaires « semblaient prendre une certaine distance par rapport aux régimes concordataires qui avaient marqué les dernières décennies, affirmant que l’Eglise était prête à renoncer à l’exercice de certains droits, qui avaient pu être jadis justifiés » (Jean-Robert Armogathe (sous la direction de), Histoire générale du christianisme, volume 2 ; PUF, 2010 ; p.1085). L’Eglise « ne place pas son espoir dans les privilèges offerts par le pouvoir civil » (Gaudium et Spes 76,5).
[11] Marc 7, 8.13.
[12] Jean 14, 6.
[13] Gaudium et Spes 62,7.
[14] Matthieu 6, 7.
[15] Les Evêques de France, Proposer la foi dans la société actuelle, Cerf, 1996, p.20.21.
[16] Les Evêques de France, Proposer la foi dans la société actuelle, Cerf, 1996, p.37.
[17] Les Evêques de France, Proposer la foi dans la société actuelle, Cerf, 1996, p.45.
[18] Les Evêques de France, Proposer la foi dans la société actuelle, Cerf, 1996, p.45. Cf. aussi p.55 et 84.
[19] Les Evêques de France, Proposer la foi dans la société actuelle, Cerf, 1996, p.59.


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